Près de 500 personnes, membres de la société civile, citoyens, sympathisants ou militants ont répondu présents à cette première rencontre. Dès l’entrée, l’enthousiasme est palpable ; il faut se frayer un chemin pour accéder à une salle…pleine à craquer ! Et pour cause, comme l’a indiqué Conchita Lacuey, députée maire de Floirac, il s’agit maintenant, ensemble, de « bâtir l’Aquitaine de demain ».
Parler de l’Aquitaine, c’est d’abord parler des Aquitains et du rapport qu’ils entretiennent avec leur territoire. Logiquement, c’est donc un démographe qui introduit les tables rondes. Si
l’Aquitaine peut se targuer d’être l’une des régions les plus attractives de France, en accueillant notamment de jeunes actifs et leurs familles, cette attractivité cache des
disparités où l’éloignement des grandes villes entraîne souvent une plus grande fragilité économique.
De ce point de vue, l’expérience d’un viticulteur rappelle les réalités du monde rural en terme de pauvreté en raison notamment de la fragilité économique de la filière viticole, laquelle fait vivre des territoires déjà marqués par la paupérisation de leur population âgée. La région est appelée à initier ou renforcer la coordination d’outils aujourd’hui dispersés, donner de la cohérence, et donner corps à une stratégie claire et partagée. Il faudrait que « l’Aquitaine soit un média d’organisation».
Concernant la solidarité, le rôle de la Région est de coordonner, fédérer, organiser les initiatives des ONG, donner une méthode au vivre ensemble dans l’entreprise, en s’attachant « aux conditions pour faire, plutôt que dire ce qu’il faut faire », appuyer la construction d’un collectif en conditionnant les aides à la fois sur les investissements matériels, les créations d’emplois mais aussi sur le dialogue social.
Face au foisonnement des idées et expériences, le temps passe trop vite ce matin. Il faut déjà laisser place à la seconde table ronde de cette rencontre et questionner « l’Aquitaine écologique ». Lumière éteinte, un extrait du film « Home » est projeté. Le ton est donné. Un climatologue membre du GIEC nous rappelle que le changement commence à peine et qu’une chose est sûre : les gaz à effet de serre réchauffent la planète et s’accumulent durablement dans l’atmosphère. Il faut donc agir aujourd’hui pour préserver demain, et la Région dispose de deux leviers d’action en lien direct avec le terrain : l’habitat et les transports, qui représentent à eux seuls la moitié des émissions carbone, avec un principe clé : « l’énergie la moins chère et la moins polluante est celle que l’on ne consomme pas ». Mais l’Aquitaine dispose aussi d’une ressource unique en matière de stockage du carbone, c’est sa forêt. Le président du syndicat des sylviculteurs plaide ainsi pour un nouveau développement du rôle social, économique et écologique de la forêt d’Aquitaine. La discussion se termine sur un constat partagé : « la plus grande atteinte à l’environnement c’est de ne rien faire ».
Inventer des formes nouvelles de consommation, investir dans les énergies propres, développer une croissance verte pour créer les emplois durables de demain ; le mot revient dans tous les échanges : il faut « innover ».
L’Aquitaine innovante, justement le troisième thème de travail aujourd’hui. Un premier constat, évident, pose le débat : « si nous n’innovons pas, d’autres le feront pour nous ». Un second constat apparaît également très vite : en matière d’innovation, l’action de la Région donne de bons résultats. Les priorités qui s’imposent pour l’avenir en termes d’économie d’énergie, de modèle de solidarité, d’accompagnement des risques, donnent raison aux efforts déjà entrepris par la Région en la matière. En soutenant la recherche dans des domaines aussi diversifiés que les hautes technologies ou les sciences de la vigne et du vin, la Région participe activement au maintien de filières innovantes. Mais innover c’est aussi donner la parole et faire confiance aux jeunes générations qui ont des idées pour l’avenir.
Finalement, solidarité, écologie et innovation sont indissociables tant ces valeurs transversales imprègnent les politiques que doit conduire la Région. Après un échange avec la salle, le sociologue François Dubet conclut les tables rondes en rappelant qu’il ne tient qu’au politique de faire bouger les lignes, pour être à la fois efficace, dynamique et solidaire. Il souligne d’ailleurs que c’est la voie sur laquelle s’est engagée la Région depuis 10 ans.
Le mot de la fin incombe à Alain Rousset qui souhaite un projet plein de conviction mais sans sectarisme, placé sous le signe de l’ouverture, de la créativité et du développement durable dans toutes ses dimensions : sociale, économique et écologique, un projet qui fait une large part à la jeunesse car c’est l’avenir, « un projet qui fasse rêver les Aquitains sur leur avenir ».
De nombreuses menaces pèsent sur la rentrée.
Avec les suppressions massives de postes, ce sont 13500 enseignants et personnels qui ne seront plus devant les élèves cette année ! Le gouvernement prévoit déjà d’en supprimer 16000 de plus en 2010… Les conséquences sont désastreuses : les fermetures de classes sont nombreuses ; les remplacements ne sont pas tous assurés ; il manque des infirmiers et des conseillers d’orientation ; les actes d’incivilités sont en nette hausse ; la diminution du nombre d’auxiliaires de vie scolaire (AVS) ne permet pas l‘accueil dans de bonnes conditions de nombreux élèves handicapés. Quant à la diminution des moyens dans les écoles maternelles, elle entraînera une très forte baisse de la scolarisation des enfants de moins de 3 ans.
À cette politique budgétaire à courte vue s’ajoutent de nombreuses « réformes » régressives. La suppression progressive de la carte scolaire créera inévitablement un système éducatif à deux vitesses et renforcera les inégalités entre établissements. Les réformes de la formation des enseignants remettent en cause la qualité de cette formation. Les nouveaux programmes et la semaine de 4 jours à l’école primaire imposent aux jeunes élèves les journées les plus lourdes et les plus longues d’Europe. La réforme du bac professionnel se traduira par un étranglement des filières professionnelles, pourtant outils essentiels de promotion sociale pour de nombreux élèves en difficulté.
Le Parti socialiste condamne fermement la politique éducative du gouvernement qui plonge l’école dans une crise sans précédent et s’attaque aux fondements mêmes du service public d’éducation.
Le Parti socialiste propose une autre politique pour l’école. A l’heure d’une crise économique et sociale majeure, nous devons investir dans l’avenir de notre pays et de nos enfants en accordant
une priorité absolue à l’éducation. Nous proposons :
• Un moratoire immédiat sur les suppressions de postes et une programmation pluriannuelle des recrutements de personnels.
• Une revalorisation des métiers de l’éducation et une rénovation de la formation des enseignants.
• Un plan de lutte contre les inégalités scolaires : renforcer les ZEP, diminuer le nombre d’élèves par classe, promouvoir les expériences innovantes, soutenir les familles en difficultés et
assurer la mixité sociale.
• Un vaste chantier d’amélioration des méthodes pédagogiques pour la réussite de tous, à tous les niveaux scolaires et avec l’ensemble des acteurs concernés, dans le cadre de la mise en place des
services publics personnalisés.
La droite n’aime pas l’école et ne l’a jamais aimée. Sa politique sacrifie l’avenir de notre pays en rognant sur l’éducation de nos enfants. Le Parti socialiste sera fortement mobilisé pour dénoncer cette politique et proposer des choix alternatifs, porteurs d’avenir et d’espoir pour la France et ses nouvelles générations.
Communiqué du Bureau national
MOTION
Suite à l’intervention policière du mardi 19 mai devant l’école Louis Aragon à Floirac ayant conduit à l’interpellation et à l’audition de deux enfants de 6 et 10 ans, madame la Députée Maire et le Conseil Municipal :
- expriment leur indignation vis à vis des conditions dans lesquelles s’est déroulée l’opération de police du mercredi 20 mai eu égard à l’âge des enfants concernés et au lieu de l’interpellation.
- réaffirment leur confiance à la police nationale dès lors qu’elle remplit sa mission de protection des personnes et des biens dans le respect des libertés publiques fondamentales.
- condamnent les excès d’une politique sécuritaire basée essentiellement sur des statistiques
- demandent solennellement à Madame La Ministre de l’Intérieur de condamner les conditions de cette interpellation et de faire part au Conseil Municipal des conclusions de l’enquête administrative qu’elle a ordonnée.
Floirac, lundi 25 mai 2009
Déclaration du groupe PS lors du Conseil Municipal du lundi 25 mai 2009
Jean-Jacques PUYOBRAU :
"C’est avec beaucoup de gravité qu’au nom du groupe socialiste, je souhaite ce soir exprimer notre condamnation des conditions d’interpellation de deux enfants de 6 et 10 ans devant l’école Aragon le 19 mai 2009.
Cette condamnation est partagée par la communauté éducative, les parents d’élèves et plus largement au niveau national par la majorité des responsables politiques et syndicaux, mais aussi par nos concitoyens.
Au mois de Mars, des collégiens de Cenon, de retour d’une visite à l’Assemblée Nationale avaient été pris à parti par les forces de l’ordre à la gare Montparnasse sans que le Ministère de l’Intérieur ait pu fournir la moindre explication à ces débordements policiers.
A Floirac, ce mardi 19 Mai, deux enfants âgés de 6 ans et 10 ans ont été interpellés et conduits au Commissariat de Cenon, sans que soient prévenus ni leurs parents ni la communauté éducative.
Il ne s’agit pas ici de remettre en question l’origine de cette intervention mais plutôt de s’interroger sur une politique sécuritaire qui, contrainte par des objectifs quantitatifs amène à intervenir sans discernement contre nos enfants de 6 et 10 ans et qui plus est devant leurs camarades de classe.
Une autre approche était possible, souhaitable, voire nécessaire, plus pédagogique et moins traumatisante d’un point de vue psychologique.
Il existe une relation de confiance entre la police nationale et la population floiracaise. Relation basée sur le respect des libertés fondamentales, notamment vis à vis des populations les plus vulnérables.
Les évènements du mardi 19 mai, qui s’inscrivent dans une politique répressive initiée au plus haut niveau de l’Etat, ne doivent pas remettre en cause le travail de terrain que les structures associatives et municipales mettent en place depuis des années sur notre commune pour assurer le lien social, renforcer la citoyenneté et le bien vivre ensemble".
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