Samedi 28 février avait lieu une matinée sur le thème « l’Europe et le travail ».
Martine Faure a introduit la réunion en précisant qu’une véritable Europe sociale, où le citoyen retrouverait toute sa place, serait le meilleur moyen de freiner les « chantiers de destruction » de SARKOZY. Ce dernier a en effet choisi l’orientation la plus dure du libéralisme en cassant de manière systématique le droit des salariés (loi TEPA, loi sur la modernisation de l’économie, loi sur le service minimum à l’école). Ce projet s’inscrit dans une logique européenne fondée sur le marché, le libre échange et la mise en concurrence des territoires.
Philippe MARTIN, chercheur à l’université, est ensuite revenu sur la « flexi-sécurité » en en rappelant les origines et en montrant son impact sur les politiques européennes pour l’emploi. Très largement inspiré des expériences du Danemark et des Pays Bas, ce concept est basé sur un assouplissement du droit du travail en s’adaptant à chaque strate de travailleurs, tout en proposant plus de protection pour la personne : forte indemnisation du chômage et formation tout au long de la vie par exemple.
Toutefois les participants à ce débat ont noté deux effets pervers : la difficulté à transférer ces
concepts d’un pays à un autre - car les contextes sont parfois très différents- et une dérive possible, telle que celle mise en place par SARKOZY et son gouvernement, où l’on impose uniquement la
flexibilité sans contrepartie.
Alain ANZIANI a réagi à cette présentation en rappelant que « la crise fait éclater les vérités européennes ». Il a rappelé que l’OCDE était
contre les minimas sociaux, pour peu de législation sur le travail, peu d’allocations chômage et peu d’action publique. Il résulte de ses dogmes qu’il
n’existe pas de vrai politique européenne du travail.
Selon lui, quatre pistes doivent être maintenant suivies : arrêter d’opposer les pays entre eux, arrêter de fonder la politique de l’emploi sur la flexibilité et la compétitivité, augmenter très significativement les dépenses pour la recherche et l’innovation, et s’appuyer sur les territoires européens (d’où l’importance des régions françaises).
Chacun s’est accordé à dire que le Manifesto était un outil unique pour aborder les élections européennes,
marquant une volonté d’aller dans la même direction des différents Partis Socialistes européens, mais qu’il ne devait être qu’une première étape pour proposer un projet commun avec des actions
concrètes.
Prochaine rencontre : samedi 28 avril à Libourne sur le thème de « services publics et Europe »
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