Jeudi 30 septembre 2010
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Au secours, l’insécurité revient en force !
Non pas rassurez-vous, dans nos quartiers qui connaissent un recul significatif des actes de petite délinquance, mais dans le discours du chef de l’Etat et de ses ministres. La ficelle est
grosse… et connue. Il s’agit de resserrer les rangs de la droite, voire au delà, autour d’un discours sécuritaire complètement incohérent puisque ce sont les mêmes personnes et en particulier
Monsieur SARKOZY qui prétendent piloter ce dossier depuis près de dix ans. Dénoncer l'insécurité revient donc à avouer l'échec des multiples mesures qui sont prises, au coup par coup, sans
réflexion d’ensemble sur le sujet. Tout aussi régulièrement, la droite dénonce un parti socialiste angélique et permissif voire complice : nous, élus et militants socialistes souhaitons à
nouveau dénoncer un discours politicien et caricatural qui n’a pour résultat que de dresser les français les uns contre les autres.
Pour nous, la sécurité est un droit majeur, peut-être le premier dans la mesure où il conditionne le libre exercice de tous les autres. L’insécurité est une atteinte à la liberté, à l’égalité et
à la fraternité : une atteinte aux fondements de notre république. Ce sont en effet, dans leur grande majorité, les plus faibles qui en sont le plus souvent les victimes. A l’heure de
désigner les coupables, la droite a cependant, cet été, innové en mettant en avant la supposé responsabilité des parents et des maires. Certains ont même proposé de sanctionner financièrement ces
derniers pour leur rôle supposé dans la montée des violences. L’ensemble des élus locaux, toute tendance politique confondue, a immédiatement répondu à ces attaques d’autant plus injustes
qu’elles visent à masquer le désengagement de l’Etat en termes de financement des structures de prévention et d’effectif de police et de gendarmerie. Contrairement à ce que dit et fait la droite,
nous sommes favorables au développement d’une police de proximité, présente dans les quartiers, proche des habitants et capable d’anticiper et de prévenir les violences. La suppression de la
police de proximité conjuguée à la baisse générale et sans discernement, des effectifs de la fonction publique ont profondément modifié les rapports entre le citoyen et la police. Aux opérations
« coup de poing » médiatiquement spectaculaires, succède un abandon systématique du terrain dont profite la petite délinquance.
A titre d’exemple à Floirac, le poste de police n’était occupé que par deux fonctionnaires dont un stagiaire. Tout en les félicitant pour leur travail au quotidien, on ne peut que comprendre un
sentiment d’impuissance et, de fait, une sensation d’insécurité dans la population. Nous demandons donc une augmentation des effectifs sur le terrain, dans nos quartiers afin de mener une action,
certes répressive, mais aussi préventive en collaboration avec l’ensemble des acteurs sociaux. La prévention est en effet un élément central du maintien de la sécurité : avec l’éducation, il
s’agit d’aider les parents et les enfants à mieux comprendre et faire vivre les bases de la citoyenneté, du vivre ensemble. Cela passe par le respect de l’autre, des règles communes, des biens et
espaces publics et nous n’y parviendrons que si nous parvenons à faire reculer toutes les autres insécurités :
- Insécurité économique avec l’augmentation du chômage et de la précarité, conséquences d’une crise causée par les plus riches, les banques et payée par les plus faibles, la très
grande majorité des français qui ne bénéficient pas du bouclier fiscal et vont souffrir de la politique de rigueur du gouvernement.
- Insécurité éducative : la réduction des effectifs dans l’éducation nationale ne pourra avoir que des conséquences négatives pour les générations futures et notamment dans
les familles les plus fragiles qui réclament un suivi et une attention particulière. Comme aurait à le dire Abraham Lincoln Président des Etats-Unis qui abolit l’esclavage : « si vous
trouvez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance ! ».
- Insécurité physique : les déremboursements croissants de la sécurité sociale, la réduction des effectifs dans les hôpitaux, l’augmentation des tarifs des mutuelles conduisent de
plus en plus de personnes à retarder voire à renoncer à des soins pourtant indispensables.
- Insécurité sociale et culturelle : les centres sociaux et les différents acteurs du monde associatif subissent des réductions drastiques des dotations de l’Etat au
moment même où ils sont de plus en plus sollicités par les familles pour apporter soutien, conseil et lien social.
Toutes ces insécurités sont selon nous, responsables de l’insécurité urbaine et ce ne sont pas des caméras de sécurité, aussi nombreuses soient-elles, qui feront reculer la
misère, la désespérance et le sentiment d’abandon de la part des pouvoirs publics. La première des priorités est, selon nous, le retour et le renforcement des services publics dans nos villes.
Ils sont le ciment d’une vie collective apaisée qui ne laissera personne au bord du chemin.
Souhaitons à l’occasion de cette rentrée et notamment de la discussion autour du projet de loi injuste de la réforme des retraites que nous soyons les plus nombreux possible à nous mobiliser pour
défendre cet idéal républicain.